La Peche et les Poissons Avril 2013 : Les Petites Boules

  • Par CPP
  • Le 28 mars 2013
  • pas de commentaire

Les Petites Boules Il y a quelques années, un grand éditeur parisien me proposa de traduire en français un gros ouvrage américain, consacré bien entendu à la pêche. Ce travail passionnant me donna l’occasion de juger combien il peut être délicat d’adapter certains mots anglais, certaines tournures de phrases typiques de la pêche, afin de les rendre parfaitement intelligibles dans notre langue. Je n’en ai pas fini avec cette problématique récurrente puisque, depuis une douzaine d’années, vous n’avez de cesse, chers amis lecteurs, de nous interpeller à ce propos. Vous êtes en effet nombreux, chaque mois, à nous faire remarquer à quel point la langue de sakespeare s’incruste un peu partout dans notre jargon de passionnés et, dans la foulée, nos colonnes. Dans un passé récent, nous avons déjà traité ce dossier, Jacques Rosen et Michel Tarragnat n’hésitant pas à évoquer alors certaines divergences d’appréciation qui, rassurez- vous, N’ont pas entamé leur amitié. Enfin, pas que je sache…Loin de calmer vos ardeurs, l’expression de ces deux sensibilités opposées, l’une plus intransigeante que l’autre bien sûr, semble au contraire avoir ravivé les passions. Ce dossier, ouvert il y a près de cinq ans, nous ne l’avons jamais réellement refermé et je doute d’ailleurs que nous y parvenions un jour tout à fait. Voilà pourquoi j’ai demandé à Marc Sourdot, notre plus ancien collaborateur (si, si Marc…), professeur de linguistique à la Sorbonne et spécialiste de ces problèmes de langage et de traduction, d’éclairer nos lanternes. Il apparaît qu’entre la position résolument anglophobe de Jacques et celle, plus tolérante, de Michel, notre éminent linguiste se range plutôt du côté du second. Par fatalisme sans doute, car il serait vain de vouloir lutter à tout prix contre un phénomène aussi irrépressible. Mais aussi parce que de son point de vue – c’est aussi le mien –, une langue que l’on prétend « vivante » se doit d’évoluer en permanence. Elle s’enrichit, se nourrit d’emprunts successifs, dictés par l’avancée du monde, le mélange des cultures, le partage des connaissances. Marc nous explique très clairement que, ce faisant, elle va à l’essentiel, au plus court, au plus simple, à l’évident. Et sur ces critères-là, c’est le plus souvent l’anglais qui ramasse la timbale. Dans notre monde et notre siècle vertigineux, les mots eux aussi, d’où qu’ils viennent, où qu’ils aillent, se déplacent à la vitesse de la lumière. On peut ne pas apprécier, on a le droit de le regretter, de s’en inquiéter mais c’est ainsi. Petite consolation pour ces inquiets : comme la marée, le phénomène peut s’inverser. Et il arrive que ce soit le français, notre cher beau français, qui alimente d’autres langues. Il y a bien longtemps, par exemple, que pour dire souvenir, boulevard ou avenue aux États-Unis, on utilise les termes… souvenir,boulevard et avenue. Mais je sais bien que ce qui chagrine surtout certains de nos lecteurs, plus que l’origine de tel ou tel terme technique, c’est de n’en pas saisir forcément le sens exact ou, en tout cas, pas instantanément. Sans doute omettons nous parfois de les expliciter suffisamment. Nous allons essayer de trouver la solution qui permettrait de contenter tout le monde, sans alourdir chacun de nos articles par de longs glossaires un peu pénibles et répétitifs. Allez chiche : je crée une commission « anglais » au sein de la rédaction ! Une autre solution serait la francisation systématique, à la québécoise… Certains mots demeurent hélas difficilement traduisibles. La réussite la plus éclatante en la matière – frêle roseau cachant une immense Brocéliande – est le vocable bouillette, inventé par Henri Limouzin pour traduire boilie. Dans la même veine, un autre mot semblait parfait lui aussi : celui de bombette, tout droit dérivé de l’italien bomba. Une trouvaille que l’on doit à Annie Prince, qui fut longtemps l’assistante de Daniel Maury. Seule la confidentialité de la technique, aujourd’hui peu pratiquée en France, ne lui a pas permis de connaître le même succès que les petites boules des carpistes.
EN KIOSQUE LE 27 Mars 2013

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